Pete Pearson
Pete Pearson, surnommé localement « Pistol Pete », souffre d’une fibrose pulmonaire idiopathique en phase terminale, une maladie pulmonaire chronique qui finira par l’étouffer. Pour lutter contre son anxiété extrême, Pistol Pete et son médecin ont déposé une demande d’accès à une thérapie assistée par la psilocybine dans le cadre du Programme d’accès spécial. Après avoir attendu 11 longs mois, Pistol Pete a finalement reçu une réponse de Santé Canada : c'était un refus. Cela a plongé Pete dans une profonde dépression, ce qui l'a poussé à demander l'aide médicale à mourir (AMM). La demande d'AMM de Pete a été approuvée en seulement trois semaines. Le gouvernement était d'accord pour le tuer, mais pas pour qu'il prenne un champignon qui aurait pu améliorer considérablement sa qualité de vie. L'histoire de Pistol Pete témoigne du retard de la bureaucratie canadienne.
Kristine Porter
Le cas de Kristine Porter revêtait un caractère d’urgence différent. Cette mère de quatre enfants de Colombie-Britannique, forte de près d’une décennie d’expérience au sein du gouvernement provincial, souffrait de dépression depuis des années avant de se tourner vers la thérapie assistée par la psilocybine pour traiter une dépression réfractaire. Elle ne cherchait pas à faire l’expérience de drogues ; elle était acculée par son état de santé. Au moment où elle a cherché à se faire soigner, la question n’était plus de savoir si elle mettrait fin à ses jours, mais quand et comment. C’est dans ce contexte que s’est déroulée sa tentative d’obtenir un traitement légal.
Au lieu d’un parcours direct vers les soins, Kristine Porter s’est retrouvée ballottée entre différentes voies juridiques. Elle a d’abord demandé une exemption en vertu de l’article 56 et s’est vu répondre qu’elle devait plutôt faire une demande dans le cadre du Programme d’accès spécial. Ce qui aurait dû être une simple demande médicale s’est transformé en un labyrinthe administratif. Le retard est devenu si important qu’il a fallu intenter une action en justice simplement pour forcer le gouvernement à rendre une décision. Une fois cette pression exercée, l’autorisation a été accordée rapidement. La rapidité de la réponse finale n’a fait que renforcer le sentiment que l’attente précédente n’était pas inévitable. Elle avait été imposée.
Ce qui rend l’histoire de Kristine Porter particulièrement émouvante, c’est qu’une fois qu’elle a enfin reçu son traitement, le résultat a été profondément personnel. Elle a été ramenée à une douleur enfouie de son enfance ; le médicament a ouvert la porte à un traumatisme qu’elle avait longtemps refoulé et lui a permis de guérir plutôt que de fuir. Actuellement, sa dépression est en rémission et elle n’a plus besoin d’antidépresseurs. Le cas de Kristine montre que laisser les médecins faire leur travail sauve des vies.
Gordon Hurley
Le caporal-chef (à la retraite) Gordon Hurley est un vétéran des Forces armées canadiennes ayant servi pendant quinze ans. Gordon a passé la moitié de son service en tant que patrouilleur de reconnaissance aéroporté d’infanterie légère, et l’autre moitié en tant qu’opérateur spécial et contrôleur d’attaque terminale interarmées. Il a subi au total 11 opérations chirurgicales pendant et après son service, et souffre d’une multitude de troubles de santé mentale liés aux opérations de combat, tels que le syndrome de stress post-traumatique, la dépression, des troubles liés à la consommation de substances, une tentative de suicide et des idées suicidaires. La consommation de psychédéliques a aidé Gordon à guérir, mais pour obtenir le médicament qui l’aide, il est contraint de se rendre au Mexique, loin de chez lui, pour recevoir un traitement. Les psychédéliques ont permis à Gordon d’atteindre un stade où il a pu défendre la cause d’autres vétérans dans des situations similaires, prendre la parole sur la Colline du Parlement pour défendre les vétérans, et même créer sa propre marque de vêtements.
Josh Veinotte
Le caporal-chef (à la retraite) Josh Veinotte a servi pendant 14 ans dans les Forces armées canadiennes, s’engageant dans la Force régulière à l’âge de 17 ans et partant en mission de combat pour la première fois à 21 ans. À son retour de sa première mission, il a dû faire face à la myriade de symptômes résultant du syndrome de stress post-traumatique. Il a activement cherché de l’aide pour sa santé mentale ; cependant, les méthodes de traitement conventionnelles se sont révélées inefficaces, et il a finalement quitté les Forces armées canadiennes en décembre 2016.
Après son départ, il a dû faire face à une nouvelle série de défis que les soldats doivent surmonter lors de leur transition vers la vie civile, tout en continuant à lutter contre les symptômes du syndrome de stress post-traumatique. À la suite de discussions approfondies avec des cliniciens et d’autres personnes ayant constaté des effets positifs, Josh a décidé d’essayer les psychédéliques dans un cadre médical.
Il décrit cette expérience comme ayant entraîné un changement radical de perspective, lui ayant permis de ressentir la paix pour la première fois en 15 ans, un sentiment immense de gratitude pour le présent, ainsi qu’un profond sentiment de reconnexion avec lui-même et avec ceux dont il s’était éloigné. Cette expérience a donné à Josh l’occasion de redéfinir sa vision de la vie. Josh attribue ce changement aux propriétés médicinales des psychédéliques et à la thérapie intégrative, soulignant leur capacité à consolider et à accélérer le traitement des événements traumatisants. Ce qui aurait pu prendre des années a ainsi été condensé en quelques heures.
Depuis, il a obtenu un diplôme d’analyste en cybersécurité, s’est engagé dans la défense des anciens combattants et de la santé mentale, et a suivi une formation de menuisier et de professeur de yoga. Il espère que son histoire servira d’exemple positif pour d’autres personnes aux prises avec des troubles de santé mentale.
Reverdi Darda, inf. aut., B. Sc. inf.
« La réglementation de la psilocybine changerait la donne pour les Canadiens qui ont besoin de ces soins. Les équipes sont en place. L'expertise est là. Ce projet de loi est important, car nous sommes prêts. »
Reverdi Darda est infirmière diplômée et cadre dans le secteur de la santé, avec plus de 35 ans d’expérience dans les opérations cliniques, l’élaboration de politiques et les soins communautaires. Elle est fondatrice et PDG d’ATMA CENA, une organisation canadienne qui soutient l’accès à des thérapies assistées par des psychédéliques fondées sur des données probantes, grâce à un réseau national croissant de cliniques et de programmes de formation pour les cliniciens.
Rev a consacré sa carrière à défendre l’accès des patients à des soins innovants, fondés sur des preuves et de qualité, et comprend de première main à la fois l’importance et les limites du Programme d’accès spécial (PAS) de Santé Canada. Dans le cadre du PAS, ATMA CENA a soutenu l’accès légal à la thérapie assistée par la psilocybine pour les Canadiens atteints de troubles résistants au traitement, souvent à travers un processus long, complexe et difficile à naviguer pour les patients et les prestataires.
Rev est également présidente du conseil d'administration de MAPS Canada et estime que les Canadiens ne devraient pas avoir à surmonter des obstacles administratifs inutiles avant d'accéder à des soins qui peuvent changer leur vie. Elle considère qu'une réforme politique réfléchie, fondée sur des données probantes, la sécurité et l'expérience clinique, est essentielle pour l'avenir des soins de santé mentale au Canada.
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